*Pagine di storia letteraria* de Giosuè Carducci est une collection d’essais littéraires et historiques rédigés à la fin du XIXe siècle. Ce recueil rassemble des textes critiques percutants qui examinent l’Antiquité classique, le monde médiéval ainsi que la littérature italienne moderne, avec un rigueur académique et une passion civique manifestes. Les sujets abordés vont de Virgile et du droit romain à la poésie des troubadours, en passant par la poétique médiévale et le développement national de la littérature italienne ; ces textes s’adressent à la fois aux lecteurs avertis et aux étudiants. L’introduction du livre explique que ces extraits visent à présenter l’essence de la pensée littéraire de Carducci : claire, autoritaire et largement dépourvue d’annotations, elle sera utile tant aux spécialistes qu’aux étudiants en histoire littéraire. Le recueil commence par un essai sur Virgile, dans lequel l’auteur lie les racines mantouanes du poète à sa mélancolie pastorale, présente les *Géorgiques* comme un hymne civique à l’agriculture et l’*Énéide* comme une épopée réconciliant l’Italie, Rome et l’empire ; cet essai se termine par un appel à valoriser la vie rurale. Un autre essai traite de la tradition juridique romaine, en suivant le développement des connaissances juridiques de Ravenne à Bologne ainsi que l’émergence de l’université en tant qu’institution démocratique et internationale. Une étude sur Jaufré Rudel décrit le thème du « amour de loin », démontre son caractère historique, place le poète parmi les premiers troubadours et illustre l’éthique et le style de la lyrique courtoise. Un autre texte examine les concepts de « tragédie » et de « comédie » au Moyen Âge, en montrant comment cette époque a redéfini les formes littéraires antiques tout en mal interprétant le théâtre classique. Enfin, un discours sur l’évolution nationale de la littérature italienne commence par analyser les craintes apocalyptiques du millénaire et le renouveau des communes, des églises et de l’enseignement civique qui s’en est suivi.