« Fenn Kaß : Le roman d’un homme libéré » de Batty Weber est un roman écrit au début du XXe siècle. L’histoire suit le destin de Fenn Kaß, un jeune garçon talentueux originaire du Luxembourg, qui quitte son monde rural et catholique pour intégrer un séminaire en ville. Il est tiraillé entre la voie sacerdotale et sa fascination pour les machines. Autour de lui se trouvent ses camarades de classe Heine « Putty » Heinen et Fritz Lampert, un ordre social strict, ainsi que des membres du clergé qui le façonnent et l’expérimentent, peignant ainsi un portrait de la foi, des classes sociales et de l’adolescence dans une communauté frontalière. Ce roman offre une étude humaine et légèrement ironique sur la vocation, l’amitié et le conflit entre tradition et ambition moderne. L’ouverture du livre dépeint les paysages ruraux luxembourgeois, le village de Wiesing et sa prospérité passée, avant de se concentrer sur Fenn, fils d’un bûcheron qui transporte du bois, lit en secret des ouvrages sur les machines à vapeur et se prépare à intégrer un lycée ainsi qu’un internat géré par l’Église. Nous rencontrons ensuite le pasteur Reining et sa sœur Gretchen, l’institutrice Braun et sa fille Marjänni, ainsi que les deux amis de Fenn : le rêveur Putty et Fritz, issu d’une famille agricole en déclin. La vie quotidienne dans cette petite ville est décrite : jeux de cartes, tintements de cloches, un dîner simple chez Lampert… Tout cela souligne les dettes, la fierté et les tensions sociales. La visite de Fenn chez le cordonnier Pichert met en évidence son conflit intérieur : le sacerdoce pour assurer sa stabilité, ou l’envie de construire des machines. Au petit matin, les garçons se rendent en ville avec le taciturne Wöllem ; ils rencontrent un aubergiste sceptique et subissent des moqueries dans la rue avant d’entrer au séminaire, sous le regard vigilant d’un ange gardien… Un directeur autoritaire les accueille, alternant menaces morales et paroles apaisantes, tandis que leurs parents oscillent entre admiration et inquiétude. Le chapitre se termine par l’affectation des chambres en dortoir et un moment de tranquillité au parc, où la mère de Fenn tente discrètement de lui glisser une petite pièce de monnaie : un geste intime à l’entrée de sa nouvelle vie.