*Aux pieds de Vénus (les Borgia)*, de Vicente Blasco Ibáñez, est un roman écrit au début du XXe siècle. Il mêle une histoire d’amour sensuelle et mondaine sur la Côte d’Azur – entre le jeune Espagnol Claudio Borja et la séduisante veuve argentine Rosaura Pineda – à une réflexion approfondie sur l’héritage des Borgia, initiée par l’oncle prêtre de Claudio. Ce récit place les sentiments modernes tels que le désir, la jalousie et la réputation dans le contexte d’un voyage vers Rome et d’une confrontation historique avec les Borgia, si souvent dénigrés. L’histoire commence lorsque Claudio réalise qu’un an de bonheur s’est écoulé depuis leur rencontre fortuite près de Peñíscola ; ils voyagent à travers l’Europe et s’installent sur la Côte d’Azur, menant une vie idyllique… Jusqu’à ce que la société, le jeu et les salles de danse réintègrent leur quotidien. Claudio, un pauvre danseur et poète espagnol peu connu du cercle mondain dans lequel il vit, se sent humilié d’être considéré comme le gigolo de Rosaura. Il voit son ex-amant Urdaneta rôder autour d’elle sans véritable menace, s’inquiète constamment pour l’argent et la tourmente par des interrogatoires jaloux au milieu de la nuit. Une lettre de son oncle, le canon Baltasar Figueras, lui propose une visite : cet érudit tolère leur couple, répugne à l’idée d’aller à Monte-Carlo et, dans le jardin de Rosaura, entame un plaidoyer passionné en faveur des Borgia, démontrant que leurs vices étaient dus à leur époque et exposant comment la légende et les préjugés ont sali l’image d’Alexandre VI et de Lucrecia. Alors que son oncle insiste pour qu’il participe à cette cause, il explique les origines des Borgia à Xàtiva et dans le clan des Canals, évoque la montée au pouvoir d’Alphonso de Borja (Calixte III) ainsi que le règne chevaleresque d’Alphonse V « le Magnanime », orientant ainsi l’intrigue vers Rome et la question des Borgia… Tout en laissant les pensées de Claudio revenir constamment à Rosaura.