«Episodes before thirty» d’Algernon Blackwood est un livre de mémoires écrit au début du XXe siècle. Il retrace les années formatrices de l’auteur à travers l’épreuve, l’errance et la quête spirituelle, des entreprises avortées au Canada et du conflit moral lié à la tenue d’un saloon à Toronto jusqu’à la pauvreté et la peur à New York, sur fond d’éducation évangélique et d’une dévotion croissante à la Nature et à la pensée orientale. L’ouverture des mémoires évoque une pension étouffante de New York où le jeune narrateur endure la vermine, la faim et la menace d’un colocataire faussaire de bas étage, cuit des pommes séchées sur des becs de gaz et dort parfois sur des bancs de Central Park. Il revient ensuite à ses années canadiennes : un travail modeste dans une revue méthodiste sous l’égide du bienveillant Dr Withrow (qui recule lorsqu’il avoue être bouddhiste), une association malheureuse dans une laiterie du Jersey qui s’effondre, et un second pari — l’achat du peu recommandable Hub Hotel avec son ami John Kay — malgré une conscience formée par des parents évangéliques et abstinents. Une journée d’ouverture tapageuse au saloon cède à la déclinaison, au personnel chapardeur et aux pertes financières, tandis qu’il apprend les tactiques de comptoir auprès de Billy Bingham et lutte contre la honte. S’y entrelacent de vifs souvenirs d’enfance évangélique, d’une scolarité morave, de premières rencontres avec Patañjali, la théosophie et l’hypnotisme, la guidance d’un étudiant hindou et, par-dessus tout, des nuits seuls dans les bois et au bord du lac dont le ravissement et le calme enseignent le détachement et l’aident à tenir.