« L’art des jardins et les jardins d’architectes » de W. Robinson est un examen critique de l’art des jardins paysagers, écrit à la fin du XIXe siècle. Cet ouvrage expose les principes de l’aménagement des jardins, en opposant notamment l’esthétique naturelle des jardins anglais aux approches formelles, souvent rigides, adoptées par les architectes. L’auteur semble surtout insister sur l’importance d’harmoniser les jardins avec leur environnement naturel plutôt que de leur imposer des géométries artificielles qui nuisent à leur beauté intrinsèque. Robinson s’élève avec passion contre la pratique qui consiste à tailler et à aligner les arbres pour les conformer à des conceptions architecturales, qualifiant ces méthodes de « barbares » et nuisibles à l’art des jardins. Il s’appuie sur des exemples concrets de jardins britanniques pour démontrer que la véritable beauté naît de l’acceptation des formes naturelles et de la croissance spontanée, plutôt que d’une symétrie imposée. À travers une série d’observations et de critiques, il souligne la nécessité de comprendre la flore locale et le paysage environnant, affirmant que les jardins doivent être le prolongement de leur environnement plutôt que de lui offrir un contraste saisissant. Dans l’ensemble, l’ouvrage est à la fois un manifeste en faveur de l’aménagement naturel des jardins et une réprobation des tendances dominantes de son époque ainsi que de la manière dont les jardins sont souvent mal entretenus par ceux qui ne savent pas apprécier leur potentiel artistique.