« Lintukoto » de Joel Lehtonen est une collection d’entrées de journal écrites au début du XXe siècle. Il s’agit d’une méditation lyrique et légèrement humoristique sur la solitude et la nature, racontée par un narrateur à la première personne qui considère son petit refuge insulaire au bord du lac comme un compagnon bien-aimé, tout en partageant des scènes quotidiennes avec sa femme. Les textes évoquent les plaisirs du travail simple, la difficulté de se protéger du bruit moderne et la beauté fascinante des détails estivaux. L’ouverture de l’œuvre décrit le retour du narrateur au printemps dans son « paysage idyllique », comparant leur réunion à un entretien gênant avec une ancienne amante, avant que l'affection ne renaisse au fil du vertissement des paysages. Il raconte ensuite un épisode comique et tragique causé par les rats en hiver – imaginés comme appelés par un « flûtiste magicien » – qui déchiraient les draps, vidaient les sacs de farine des poutres, grignotaient les lanternes en papier et laissaient quelques cadavres dans les cuves. Il décrit ensuite l’environnement de l’île et son histoire, se souvient du pêcheur solitaire qui en était le propriétaire avant sa mort dans une sauna, et explique comment il a transformé cet endroit en un « monastère » paisible : peu de journaux, beaucoup de lecture et de réflexion, la plantation d’arbres fruitiers, la construction de sentiers… et la quête de la paix. Après des semaines de vents froids, il rêve d’un esprit nommé Krik et d’une « harmonie avec le vent » ; au réveil, il découvre enfin l’arrivée de l’été : des pommiers en fleurs éblouissantes, de nouvelles feuilles vertes brillant sous la pluie, et un chœur d’oiseaux emplissant la cour.