*Ejercicios* de Benjamín Jarnés est une collection d’aphorismes littéraires et de mini-essais critiques rédigés au début du XXe siècle. Le livre explore l’art de l’écriture et l’esthétique de l’art moderne, en plaidant pour la précision, la discipline et une clarté lumineuse dans le langage. À travers des textes courts et numérotés, l’auteur médite sur la façon dont la pensée exige des mots exacts ; il rejette l’éloquence vide, les clichés et le « style banal » ; et défend une prose concise, rythmée, qui se lit mieux à voix basse. Il oppose l’eau au feu comme symboles de renouveau artistique, loue l’image en tant qu’instrument vivant plutôt que simple artifice décoratif, et préconise la suppression de toute rhétorique superflue afin de révéler le contour et le rythme essentiels des choses. Il critique la virtuosité sans substance, distingue l’illusion scénique du véritable défi offert par l’espace circulaire, et cite en exemple des œuvres d’économie de moyens et de concentration stylistique (comme *Charlot* de Chaplin ou les écrits de Ramón Gómez de la Serna). Il considère le roman comme un poème en mouvement, un « friseau » soutenu par une tension lyrique plutôt que par une accumulation d’événements, et réfléchit aux pouvoirs et aux limites de l’aphorisme. Dans les sections ultérieures du livre, il esquisse différentes formes de poésie (basées sur la tension, la forme, la musique ou la couleur), célèbre la première surprise ressentie par l’enfant, et conclut par un paradoxe : la prose peut être l’ennemie de la pensée, et le vers celui du poème – à moins que l’artiste ne les maîtrise et ne les transforme.