« Le Terror rouge en Russie » de S. P. Melgunov est un récit historique écrit au début du XXe siècle. Il examine la manière dont l’État bolchevique a mis en place et justifié un mécanisme de répression – notamment à travers la Tcheka – en utilisant des otages, des exécutions massives et des appels idéologiques au « Terror rouge ». S’appuyant sur des décrets, des appelés à la presse, des témoignages oculaires ainsi que des documents provenant de toute la Russie et de l’Ukraine, l’auteur soutient que le terrorisme était une politique délibérée, et non une manifestation spontanée de colère populaire. L’introduction du livre comprend une note du traducteur et un bref portrait de l’auteur en tant qu’historien-activiste persécuté par le régime soviétique. Le narrateur y réfute l’idée que des individus puissent mener des actes terroristiques isolés, après qu’un interlocuteur dans un café lui ait demandé pourquoi personne ne tuait les dirigeants bolcheviques, soulignant que de tels actes ne feraient qu’entraîner des représailles massives contre les otages. Le chapitre I détaille comment, après les premières attaques contre les fonctionnaires bolcheviques, l’État a institutionnalisé la prise d’otages et les exécutions de représailles, décrivant avec force les nuits de terreur dans la prison de Boutyrka à Moscou ainsi que d’autres représailles dans toute la Russie, y compris des femmes et des enfants parmi les victimes ; le proteste de Pierre Kropotkine contre cette politique est également cité. Le chapitre II remet en question l’affirmation officielle selon laquelle le terrorisme aurait été imposé par des ennemis, en montrant comment la peine de mort a été rapidement réinstaurée, comment des ordres d’exécution ont été donnés sans procédure judiciaire, et comment la presse a incité à « répondre au sang par le sang ». Ce chapitre montre également comment la Tcheka est devenue un réseau national de répression qui a supplanté les soviets. Le début du chapitre III définit la Tcheka comme un organe destiné à détruire les ennemis plutôt qu’à les juger, cite le critère basé sur la classe sociale pour déterminer la culpabilité, et remet en question les statistiques officielles en soulignant l’insuffisance des rapports sur les massacres ainsi que sur les répressions menées contre les grèves et les révoltes, de Kiev et Odessa à Astrakhan et au Turkestan.