« L’Odyssée d’un cargo torpillé » de Maurice Larrouy est un roman épistolaire sur la guerre maritime, écrit au début du XXe siècle. Il suit le destin d’un paquebot marchand français, le Pamir, et de son jeune officier-narrateur, sous les ordres du capitaine Fourgues, homme rude mais plein de ressources. Le navire transporte charbon, troupes et fournitures au milieu des dangers de la Première Guerre mondiale. L’histoire mêle aventures en mer à des observations acerbes et ironiques sur la stratégie navale et la bureaucratie, vues du point de vue d’un marin marchand. Les lecteurs attirés par la vie difficile à bord des navires, par l’improvisation sous pression et par les aspects logistiques de la guerre trouveront ce roman captivant. L’histoire débute avec une série de lettres datant d’août 1914 : le Pamir quitte La Nouvelle-Orléans chargé de coton, mais son arbre de hélice se brise en plein Atlantique ; un destroyer britannique l’arrête dans la Manche anglaise pour annoncer la déclaration de guerre, ce qui oblige le navire à faire demi-tour immédiatement pour retourner en France. L’équipage est réquisitionné par la marine et remplacé par des réservistes maladroits ; le Pamir survit alors à une série de crises : il erre jusqu’au Maroc sans radio, demande du charbon, transporte même des civils allemands et leurs meubles (avec une anecdote comique concernant un piano), avant d’être finalement réquisitionné comme navire-citerne pour la marine. Les missions près des îles Ioniennes sont marquées par des accidents (une collision, un canot de sauvetage endommagé) et par des critiques acerbes sur les procédures et les stratégies militaires. Par la suite, le récit décrit d’autres voyages pour transporter du charbon en Afrique de l’Ouest, une livraison nocturne dangereuse de céréales et de fournitures à Antivari sous attaque aérienne, ainsi que des reproches de la part des officiers de cuirassés concernant l’équipement manquant sur le Pamir. La narration se déplace ensuite à Alexandrie, puis en Angleterre pour ravitailler la Grande Flotte (avec des contrastes frappants entre les pratiques britanniques et françaises), puis vers Newcastle pour une réparation hâtive menée seul par le narrateur. Enfin, le navire retourne en Méditerranée afin de transporter des canons et des obus vers les Dardanelles.