« Deutsche Märchen gesammelt durch die Brüder Grimm » de Jacob Grimm et Wilhelm Grimm est un recueil de contes populaires et de contes de fées rédigé au début du XIXe siècle. Le recueil rassemble des traditions orales allemandes en récits vifs, moraux et magiques, peuplés de royauté enchantée, de serviteurs fidèles, d’animaux rusés et de modestes artisans. Il séduira sans doute les lecteurs qui aiment les intrigues archétypales, une justice tranchante et des leçons claires enveloppées de merveilleux. L’ouverture du recueil offre un panorama de contes classiques : dans Marienkind, une fille élevée par la Vierge Marie enfreint un tabou, ment, est rejetée sur terre muette, devient reine, perd ses enfants et les retrouve — ainsi que sa voix — par la confession. Die Wichtelmänner propose trois vignettes : des elfes achèvent le travail d’un pauvre cordonnier ; une servante passe à son insu sept années auprès de petits hommes serviables et revient riche ; un enfant substitué est démasqué par un stratagème consistant à faire bouillir de l’eau dans des coquilles d’œuf. Der treue Johannes montre un serviteur dévoué qui sauve son roi et sa fiancée de trois dangers annoncés, est changé en pierre pour ses actes mal compris, puis est plus tard ramené à la vie lorsque le roi prouve un dévouement égal. Dans Die Drei Männlein im Walde, une belle-fille généreuse est récompensée (beauté et or dès qu’elle parle) tandis que la belle-sœur cruelle est maudite (laideur et crapauds), la véritable reine est assassinée et revient chaque nuit sous forme de canard avant d’être rétablie, et les scélérats reçoivent un châtiment mérité. Der Froschkönig (mit dem eisernen Heinrich) raconte un grenouille qui rapporte une balle d’or, devient prince après que la princesse l’a jeté contre le mur, et un serviteur loyal dont les cercles de fer autour du cœur se brisent de joie. Der Wolf und die sieben jungen Geisslein s’achève par une mère qui délivre ses chevreaux du ventre du loup et par la noyade du loup lesté de pierres. Suivent de brèves fables : Die Scholle explique la bouche de travers du carrelet par une envie mesquine, et Der Hase und der Igel voit un hérisson duper un lièvre jusqu’à l’épuisement mortel. Dans Die Bremer Stadtmusikanten, quatre animaux vieillissants font fuir des brigands et se font un nouveau foyer. L’extrait se clôt alors que commence Das tapfere Schneiderlein, un tailleur se vantant d’avoir « tué sept d’un coup » après avoir écrasé des mouches et cousant cette prétention sur sa ceinture.